Mickey au Bénin

Remy Samuz, Mickey marchant

Remy Samuz, Mickey marchant, 2014, fil de fer, 125 x 110 x 70 cm. Photo VA.

Né lors de la grande dépression aux États-Unis, Mickey Mouse a dépassé son simple statut de héros de bande dessinée pour devenir une icône de la culture américaine. De très nombreux artistes se sont emparés de son image, tels Andy Warhol, Bernard Rancillac, Robert Combas, ou Alexander Kosolapov. La galerie Vallois à Paris, qui travaille régulièrement avec des artistes béninois, a eu l’idée de leur demander ce qu’évoquait pour eux cette petite souris, a priori bien éloignée de leur culture. Neuf d’entre eux ont répondu présents. Dévoilée dans le catalogue de l’exposition, leur première réaction devant ce thème a été la perplexité. Dominique Zinkpé livre ainsi : « Au départ, j’ai pensé que c’était un projet complètement utopique parce que je connaissais à peine Mickey. Ça me sortait de mon inspiration habituelle, du quotidien, ça n’a pas de rapport avec ma culture. Mais à force d’y réfléchir, c’était comme un territoire nouveau. » L’artiste a imaginé une installation engagée sous la forme d’un jeu de société repliable dans une valise. Les pions sont des petits Mickey encravatés aux couleurs américaines qui s’opposent à des crânes assortis au damier décoré de drapeaux. « Les bonshommes Mickey, c’est le capitalisme américain qui marche sur le monde. Les drapeaux avec des crânes, ce sont les pays qui ont eu à souffrir des États-Unis. »

Korblah Mickey

Richard Korblah, Le Parcours, 2014, technique mixte, 112 x 60 x 70 cm. Photo VA

Pour Rémy Samuz, ce thème lui a rappelé son enfance, quand il n’avait pas d’argent pour s’acheter des jouets et se fabriquait les siens. « Quand je voyais un Mickey sur le sac scolaire d’un élève, je me disais : “Il est d’où ? Il n’est pas d’ici, il vient d’un monde très éloigné du mien.” Un parent m’a dit “c’est en Amérique.” Alors Mickey me rendait content et je pensais qu’il fallait que j’aille là-bas moi aussi. » L’artiste a conçu des personnages joyeux en fil de fer tressé, qui semblent aussi légers qu’un souffle… Richard Korblah, quant à lui, expose des sculptures en terre et en fils végétaux, proches de la tradition béninoise. L’une d’entre elles représente un Mickey au corps élancé. « Comme j’adore les Peuls, il a un bâton sur lequel les Peuls s’appuient pour leurs longs trajets. Ce sont des bâtons préparés. C’est pour ça que j’ai mis des talismans au bâton de Mickey. »

Infos pratiques :

L’exposition « Mickey au Bénin » se tient jusqu’au 4 octobre 2014 à la galerie Vallois à Paris.

Photo en-tête : œuvres de Richard Korblah.

N'hésitez pas à laisser un commentaire. Je le lirai avec plaisir !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.