Vincent Bioulès au bout du paysage

La Galerie Vieille du Temple présente pour la deuxième fois une exposition personnelle des peintures récentes de Vincent Bioulès. Après avoir été dans sa jeunesse un des membres fondateurs du mouvement Supports/Surfaces, l’artiste s’est tourné avec résolution vers la figuration. Depuis près de quarante ans, il interroge la question de la représentation et revisite les différents genres de la peinture, avec une prédilection pour le paysage. Vincent Bioulès aime peindre des lieux familiers qu’il se réapproprie dans un langage graphique ambitieux et inventif. Ombres puissantes contre aplats vibrants, couleurs éclatantes contre tons rompus, les peintures exposées à la Galerie imprègnent le regard du spectateur d’une marque indélébile. Les œuvres dégagent une force, une intensité que le motif réel ne possède pas toujours.

[INTERVIEW]

« La référence à la nature est plus précieuse que jamais. »

Cimaises le blog : Quel est le fil rouge de cette exposition ?
Vincent Bioulès : Le fil rouge est ma fidélité au paysage, celui de mon pays : le Languedoc où j’ai appris à regarder. Le Languedoc méditerranéen, celui de la lagune et du Pic Saint Loup, La Lozère qui est la partie sauvage et montagnarde, le pays des « Gavachs* » où nous avons passé de longues vacances avec nos enfants de 1967 à 1988. Le choix des tableaux repose entièrement sur le travail accompli pendant ces deux dernières années.

Les petites toiles ont une facture assez différente des grandes toiles peintes à l’atelier. Leur touche est plus riche en matière, plus ronde. Pourquoi cette particularité ?
Mes petits tableaux que je qualifie de « sauvages » sont exécutés sur le motif. La règle du jeu est la suivante : peindre vite, en faire plusieurs à la suite, trois, quatre, cinq… Et une fois revenu à l’atelier, ne pas les retoucher. Ils constituent ainsi une sorte de transfusion de sang directement puisé sur la nature.

Quels sont les enjeux du « paysage » dans la peinture contemporaine ?
Les interdits qui furent ceux de ma jeunesse et de ma génération se sont dissipés. Le champ est à nouveau dégagé. Le monde change. Il s’agit même d’une vraie mutation. Je crois que la référence à la nature est plus que nécessaire, plus précieuse que jamais.

*Le terme Gavach possède plusieurs significations, il désigne en occitan les habitants des montagnes.

Exposition Vincent Bioulès du 30 mai au 13 juillet 2013, Galerie Vieille du Temple, 23 rue Vieille du Temple 75004 Paris.

Vincent Bioulès, Laubert, huile sur toile, 81x100cm, 2012-2013. Courtesy Galerie Vieille du Temple.

Vincent Bioulès, Laubert, huile sur toile, 81x100cm, 2012-2013. Courtesy Galerie Vieille du Temple.

Trois petits formats peints sur le motif (14 x 18 cm et 12 x18 cm)

Trois petits formats peints sur le motif (14 x 18 cm et 12 x18 cm). Photo VA.

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